Un programme permettant d’assurer une plus grande visibilité aux sciences humaines et sociales

Les universités doivent régulièrement faire rapport de leurs activités. Outre l’enseignement, la recherche fait partie des domaines d’activité les plus importants des universités. Les résultats de la recherche sont - entre autre - consignés dans des publications scientifiques. Celles-ci encouragent l’échange d’idées entre les chercheurs et constituent ainsi le moyen de communication principal dans le domaine des travaux scientifiques. Par ailleurs, elles contribuent à renforcer le prestige des chercheurs. Les publications ne révèlent qu’en partie l’importance et l’impact de la recherche. Les conférences sont elles aussi des plates-formes importantes qui permettent aux chercheurs et chercheuses d'échanger entre eux. Last but not least, la recherche est également enseignée et pratiquée pendant les heures des cours.

Parallèlement, on demande de plus en plus à la recherche scientifique – et tout particulièrement à la recherche en sciences humaines et sociales – de démontrer son efficacité et sa portée sociale. Les sciences humaines et sociales doivent communiquer sur la contribution qu’elles apportent aux intérêts des individus, mais aussi à ceux de la société. A cet effet, elles doivent disposer de méthodes appropriées qui permettent également au public d’avoir accès aux disciplines des sciences humaines et sociales.

Les décideurs siégeant au sein des organes universitaires doivent pouvoir disposer d’instruments qui permettent de rendre visible la qualité de la recherche menée au sein des institutions correspondantes. A cet effet, il convient de développer des critères de qualité en matière de recherche scientifique, considérés par les chercheurs eux-mêmes comme appropriés et pertinents pour leurs disciplines.

Encourager les méthodes innovantes

Il y a quelques années encore, la bibliométrie – à savoir: l’analyse quantitative de l’impact des publications scientifiques – était considérée comme la meilleures méthodes pour mesurer les performances de la recherche. Entre-temps, la pertinence de cette méthode a été remise en question. Dans la plupart des cas, la bibliométrie ne joue plus qu’un rôle mineur dans le domaine des sciences humaines et sociales. En effet, une prise en compte excessive des données de publication est considérée comme peu judicieuse en raison de la spécificité des langues et des disciplines et du caractère particulier de la culture de la recherche et de la publication pratiquées dans ces domaines scientifiques.

Afin de présenter les sciences humaines et sociales dans toute leur diversité, l’ancienne Conférence des recteurs des universités suisses (CRUS) a élaboré le programme «Performances de la recherche en sciences humaines et sociales». Selon ce programme, mesurer la qualité et les performances dans le domaine de la recherche (et de l’enseignement) ne devrait pas constituer une fin en soi, mais toujours se fonder sur un intérêt de recherche concret et transparent. C’est ainsi qu’il faut – conformément à la Planification stratégique de la CRUS pour le développement des hautes écoles universitaires pendant la période 2012 à 2016 – non seulement couvrir «l’impact [de la recherche] sur la communauté scientifique, mais aussi tenir compte des spécificités disciplinaires et culturelles ainsi que de la valeur d’usage de la recherche». A cet égard, il conviendra de ne pas négliger les objectifs stratégiques de chaque université. Cette approche se distingue de la méthode utilisée dans d’autres pays au sein desquels le système des hautes écoles est évalué à l’aide d’un nombre peu élevé d’indicateurs. Elle permet d’établir divers principes lors du développement de méthodes et d’instruments d’évaluation appropriés.

  • La mesurabilité en soi ne justifie pas l’utilisation d’un indicateur défini pour mesurer les performances.

  • Il n’existe pas d’instrument ni de méthode uniques permettant de mettre en évidence la diversité de la recherche dans sa totalité.

  • Lors du développement de méthodes ou d’instruments destinés à assurer une plus grande visibilité à la recherche, il convient d’identifier dès le départ les effets non voulus afin d’éviter les conséquences négatives.

  • Approche ascendante: il faut associer les chercheurs concernés au développement de nouveaux instruments.

  • Il faut également rendre visible la recherche en sciences humaines et sociales au public.

  • Les instruments développés doivent tenir compte des différents profils des hautes écoles suisses.

Développer des instruments efficaces

Sur la base des principes précités, diverses universités suisses ont établi des coopérations pour développer 10 initiatives et 8 projets d’implémentation qui permettent de faire connaître de manière appropriée la qualité de la recherche aux différents groupes d’intérêt au sein et en dehors des hautes écoles. Si les initiatives précitées sont indépendantes l’une de l’autre, l’échange régulier d’informations est garanti grâce à un programme auquel est affilié un réseau d’experts.

Le programme permet aux universités suisses de démontrer la valeur de la recherche en sciences humaines et sociales tout en tenant compte des différents aspects et dimensions de la qualité spécifiques aux disciplines. A cet égard, il est très important de procéder à une réflexion sur l’organisation fédéraliste du système universitaire suisse et de fournir aux hautes écoles les moyens de poursuivre le développement de leurs compétences.

Pour toute éventuelle question, veuillez-vous adresser à Dr. Alexander Hasgall 

Site internet: www.performances-recherche.ch